Danyèl Waro : échanges publics à Marseille, le 10.3.2018

Danyel Waro 10 mars 2018 photo SabineTostainDanyèl Waro : échanges publics à La machine pneumatique – Marseille, le 10.3.2018

Entre deux concerts programmés et complets à la Machine pneumatique, et dans la logique du « faire ensemble » ou de faire du lien, l’équipe avait convié l’artiste dans le cadre d’un cycle sur la « créolité » à rencontrer le public pour un temps d’échanges. Une riche idée pour causer (ou le faire causer – sourires) sur son parcours engagé et/ou musical (puisque les deux sont semble-t-il très liés) autour du maloya et de sa propre culture réunionnaise.

Face au public présent avec les musiciens qui l’accompagnent sur ces dates en « France » comme il dit, le « monsieur » est à l’aise et porte en toute simplicité sa casquette « Nelson Mandela Day ». Ça donne le ton… Il n’est pas avare pour causer, pour transmettre. Danyèl Waro porte aujourd’hui en métropole et ailleurs, la parole du maloya – cette musique des ancêtres de La Réunion (ou d’une de ses formes en tout cas).

Il y a les instruments et les rythmes certes, mais il y a aussi la langue – ce créole et ses messages. L’artiste, même en français, exprime à chaque phrase la musicalité et la poésie de sa langue natale qu’est le créole de La Réunion.

Le maloya est un tout : enracinée et très moderne, cette musique est non seulement communicative pour les initiés mais reste universelle. Les questions posées par le public, souvent en rapport avec les rythmes ou sonorités qui rapprochent d’autres répertoires parfois très loins de l’Océan indien, ou les questions posées autour des racines réunionnaises, le prouvent.

Sous ses airs de sage décontracté, se cache (pas longtemps) cet enfant aux yeux pétillants de l’île, emprunt des couleurs, des épices, des langues et de la danse – toujours prêt à rire et entraîner pour « bouger le popotin ». Un homme droit dans ses bottes, bien enraciné à La Réunion sans pour autant être statique : ni dans les gestes, ni dans les idées.

Le maloya est associé à l’univers de la fête, de la danse, de la joute verbale. Un ensemble forcément coloré, tout comme la langue créole ou les racines et richesses culturelles des réunionnais. Et Danyèl Waro le porte, en parle, décortique, le vit, le chante. Sa manière à lui de prôner la mixité, le mélange des couleurs, des cultures depuis la terre, l’assiette, les oreilles, le corps et l’humanité.

« La couleur, c’est du manger pour les yeux »

Un joli moment de découverte du bonhomme et de ce qui l’anime avant son second concert complet le soir même, auquel je n’ai donc pas pu assister mais j’aurai d’autres occasions je l’espère, ici et ailleurs…

Présents sur scène : Danyèl Waro avec Jean Didier Hoareau, Gilles Lauret, Stéphane Gaze, Michael Talpot

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