Maura Guerrera & Malik Ziad, invité Manu Théron le 18.11.2018

MauraGuerrera photo Sabine TostainMaura Guerrera et Malik Ziad – invité Manu Théron, au PIC (Marseille 16e) le 18.11.2018

Le duo présentait leur projet « Spartenza » en fin de résidence au PIC ; une création enregistrée dans ces murs, avec Manu Théron comme invité et oreilles expertes.

Maura Guerrera, une artiste sicilienne à Marseille

Maura Guerrera a tout de la sicilienne : la présence, le caractère et le répertoire. Découverte il y a plusieurs années au centre culturel occitan de Marseille (Ostau dau País) pour une conférence illustrée de chants et extraits sonores collectés quelques années auparavant dans les campagnes de Calabre, Maura m’avait fait découvrir cet univers traditionnel touchant. Des chants de travail aux berceuses pour enfant en passant par les danses populaires, nulle doute que ces matières l’inspiraient.

Depuis, l’artiste collabore non seulement à d’autres projets musicaux de cru marseillais sur d’autres musiques du monde entier, transmet sa technique ou répertoire à d’autres, mais a également lancé en 2017 une série de rencontres et événements à la Cité de la Musique de Marseille avec des artistes italiens et d’autres multi-nationalités basés à Marseille (« Une semaine en Sicile« , direction artistique Maura Guerrera). Une première création « Il lungo viaggio » y avait été présentée, déjà en présence – entre autres – de Malik Ziad (oud, mandole, bendir) et Manu Théron (chant, tambourin).

Le PIC et « Spartenza »

J’avais donc repéré cette sortie en duo de résidence pour Maura Guerrera au PIC avec Malik Ziad, artiste algérien incontournable joueur de mandole ou de oud sur ces catégories de projets à Marseille. D’autant que, je l’avoue, je n’avais toujours pas mis les pieds au « PIC » (pôle instrumental contemporain) de l’Ensemble Télémaque sur l’Estaque. Par le hasard de recherche de pistes de concerts impromptus pour un groupe non marseillais exceptionnellement de passage à Marseille, les connexions de réseau maritime et patrimonial et de celui de la culture ont concrétisé ma venue… Invitée par Élodie Quaranta, Responsable de développement du PIC, je n’ai pas été déçue de ma découverte dominicale.

La présence de Manu Théron, musicien chanteur occitan, dans les murs et un troisième micro installé sur scène laissaient présager sa présence sur scène pendant le concert de toute évidence.

Maura Guerrera PIC 2018 photo Sabine TostainLe répertoire choisi pour cette dentelle sonore créée et arrangée ensemble tourne et fait des rondes sur les chants de travail siciliens si chers à Maura. Et cette voix porteuse de sens bon sang ! Elle est douce et puissante ; la gestuelle semble pourtant la distiller, ne verser que ce qu’il faut. Les mots sont diffusés avec beaucoup d’élégance, comme un souffle retenu mais très précis.

Maura Guerrera PIC 2018 photo Sabine TostainLa force de la terre des origines de ces chants, la finesse de jeu de Malik Ziad et de ses chœurs portés ponctuellement ont fait mouche. Les couchers de soleil dans les chants en fin de moisson, les veillées au coin du feu dans les campagnes, les déambulations à la lumière de la pleine lune… moi, j’y étais… bien ! (sourires). Un spot jouait le rôle de la Lune au-dessus du duo et guidait la gestuelle « habitée » de Maura en train de chanter. L’usage du gumbri en lieu et place de la mandole sur certains morceaux a provoqué aussi un voyage au-delà de la Sicile… D’un côté ou l’autre de la mer Méditerranée , et quelle que soit la langue chantée, finalement, le voyage est toujours aussi délicat et beau.

Maura Guerrera PIC 2018 photo Sabine TostainManu Théron interviendra effectivement sur plusieurs titres en réponse au chant de Maura ou en chœurs sur des morceaux plus rythmés. Une harmonisation supplémentaire faisant sortir « doucettement » et en souriant de la bulle cotonneuse formée par le duo.

Je leur souhaite de conserver cette finesse et fragilité un peu intangible liée au répertoire et leurs sensibilité certes mais aussi à l’effet des « premières » en public et de l’émotion des artistes dans ces moments forts. Au plaisir d’écouter la production physique de cette création en 2019, pas trop triturée, je l’espère par d’autres arrangements, mixes ou mastering… en souvenir et hommage aux collectes sonores pleines de charme de Maura dans ses années de recherche en Sicile… ?

Sur scène :

  • Maura Guerrera, chant et tambourin
  • Malik Ziad, mandole et gumbri, chœurs
  • invité sur titres : Manu Théron, chant, chœurs et tambourin

 

 

Découvrir en son en attendant la sortie de cet album :

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