Nadia Ammour en conférence chantée, le 28.4.2018

Nadia Ammour 27 avril 2018 photo Sabine TostainNadia Ammour au Dar Lamifa (Marseille), en conférence chantée dans le cadre du Festival Algérie Plurielle le 28.4.2018

J’ai connu Nadia avec ses sœurs il y a plusieurs années à la Mer Veilleuse sur Marseille, pour leur répertoire kabyle en chœur féminin. Pourquoi j’étais là ce soir-là ? Et bien, j’avais la nostalgie des vinyles de mes parents écoutés le dimanche étant enfant, aux voix des Djudjura… Et oui, et il se trouve qu’à l’issue de cette première rencontre, en discutant avec elles, leurs villages d’origine à ces deux groupes de femmes kabyles sont voisins…

La seconde fois, il y a trois ans environ, nous avons partagé une succulente chorba au Kawawateï entre amies : l’occasion pour elle de nous apprendre qu’elle revenait d’Algérie et avait réalisé un travail de collecte de chants de femmes de sa région natale en Kabylie. Naissait alors son projet de mise en valeur de ce patrimoine immatériel, de ces histoires de femmes.

Nadia Ammour 27 avril 2018 photo Sabine TostainNadia Ammour est avant tout chanteuse, musicienne aussi. La voix est un instrument, un moyen d’expression, un vecteur d’émotions mais aussi d’histoires – parfois de longue date, transmises de génération en génération, de rituels en rituels transformés.
Je n’ai donc pas été surprise de la retrouver embarquée dans les Histoires des langues avec Robin Recours, puis – enfin – sur son travail de transmission à un public large non averti du patrimoine collecté dont elle m’avait parlée à l’époque…

Cette « conférence-chantée » était programmée pour la première fois à Marseille, et ce, dans le cadre d’une première édition de festival : Algérie Plurielle (dont Nadia est également directrice artistique et cofondatrice). Une initiative à saluer et à encourager dans une ville comme Marseille, cosmopolite certes mais à forte présence maghrébine, de nombreux échanges et mobilités entre nos deux rives de la Méditerranée…

Nadia Ammour 27 avril 2018 photo Sabine TostainPendant plus d’une heure (nous n’avons pas vu le temps passer…), Nadia a alterné la diffusion d’extraits d’enregistrements sonores de femmes rencontrées en Kabylie, et d’autres illustrations chantées par ses soins, des explications des contenus, traductions et contextes de ces chants transmis et encore existants. Un moment généreux, d’autant que – comme moi – le public n’était pas nécessairement familier ni à cette région du globe, ni à la langue.
J’ai appris beaucoup sur les symboliques utilisées dans ces chants, sur les contextes et pratiques de toutes ces femmes – quelle que soit leur génération et statut – que Nadia a pu rencontrer. Nadia a pour sûr une réelle envie de transmettre, en plus d’être une interprète concernée remarquable, ce précieux patrimoine culturel, ces histoires de femmes, ces histoires de vie ensemble, de ces amours et ces exils...

En un mot Nadia : merci !

 

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